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Le magazine

Cuba

Cuba ne se laisse pas ranger dans une valise organisée à l'avance. J'y suis allée avec mes carnets nets, mes adresses repérées, et j'ai appris en quelques jours à lâcher prise : la lumière du Malecón, les mogotes de Viñales, les cascades cachées de la Sierra del Escambray et le bout du monde de Maria La Gorda se méritent par la lenteur, pas par la liste cochée.

De La Havane à Baracoa, en passant par Viñales, Cienfuegos et Trinidad, j'ai construit un roadtrip qui privilégie les scènes vécues plutôt que les monuments cochés : un taxi collectif qui prend son temps, une casa particular qui accueille sans mise en scène, une cascade qui se mérite après une marche humide. Ce carnet de destination réunit tout ce que j'ai rapporté de mon voyage franco-indien à travers l'île.

Quand partir à Cuba

Je conseille de viser la saison sèche, la période où j'ai trouvé la meilleure lecture des paysages et le plus de confort pour marcher : les sentiers de Topes de Collantes sont moins glissants, la vallée de Viñales se lit avec plus de netteté, et les routes de montagne vers Baracoa ou El Nicho se parcourent sans crainte d'une averse qui s'installe.

Une averse n'est pas non plus une catastrophe. À Viñales, j'ai vu la pluie donner à la vallée un éclat presque cinématographique qu'un ciel sec n'offre pas toujours. Vers la Sierra del Escambray, autour de Topes de Collantes et d'El Nicho, la montagne apporte de la fraîcheur mais aussi de l'humidité et des sols irréguliers : un point à garder en tête pour le choix des chaussures, plus que pour celui de la date de départ.

Arriver à La Havane et prendre le rythme

Le voyage commence dans le taxi qui quitte l'aéroport, vitres baissées, dans une chaleur épaisse. C'est déjà un premier sas : mieux vaut prévoir une arrivée sans programme serré, un hébergement confirmé et un peu de marge mentale plutôt qu'un plan minuté.

La Havane ne se consomme pas vite, elle se laisse venir. J'ai aimé marcher peu et observer beaucoup, garder l'appareil photo rangé jusqu'à sentir la bonne distance avec la rue. Habana Vieja se découvre tôt le matin, avant la chaleur et les groupes, quand les ruelles sentent le café et la pierre humide. Le Vedado est plus quotidien, plus habité, un bon endroit pour respirer entre deux façades célèbres. Et le Malecón, au crépuscule, reste mon premier vrai choc visuel : couples assis sur le muret, vagues qui éclaboussent les chaussures, ciel rose-gris.

Itinéraires : de quelques jours au roadtrip complet

Cuba s'apprivoise mieux en choisissant un rythme plutôt qu'une liste de villes. Voici les trois versions que j'ai testées ou recomposées au fil de mes carnets.

Version courte : La Havane et Viñales

Pour un premier voyage, 7 à 10 jours suffisent déjà pour La Havane et une autre région, sans courir. Je compterais trois journées pleines à La Havane (une pour Habana Vieja, une pour le Vedado et le Malecón, une pour revenir sur les lieux aimés), puis deux à trois nuits à Viñales pour la vallée, les mogotes et les champs de tabac.

Version équilibrée : ajouter Cienfuegos, Trinidad et leurs montagnes

Sur dix à douze jours, je glisserais une base à Cienfuegos pour rejoindre El Nicho en excursion d'une journée, puis deux nuits à Trinidad pour marcher tôt le matin dans les pavés et grimper vers Topes de Collantes et ses cascades.

Version roadtrip complet : jusqu'à Maria La Gorda et Baracoa

Pour un vrai tour de l'île, j'ajouterais deux nuits à Maria La Gorda, au bout de la péninsule à l'ouest, pour la plage frontale et le tombant corallien, puis la remontée vers l'est jusqu'à Baracoa, gardée en dernière étape du roadtrip : deux à trois nuits minimum, pour ne pas la réduire à un simple tampon logistique.

Budget et arbitrages pratiques

Cuba récompense un budget souple plutôt qu'un calcul serré : les retraits, les repas, les transports et les petites dépenses demandent souvent plus d'adaptation que prévu, surtout hors des circuits balisés.

  • Argent liquide : prévoir large et le répartir en plusieurs pochettes (hébergement, repas, transport), pour ne pas dépendre d'un retrait disponible au mauvais moment.
  • Transport : le taxi collectif reste pratique pour relier les étapes, à condition d'accepter des horaires mouvants ; je demande toujours le prix avant de monter. Le bus offre un cadre plus prévisible mais moins de souplesse. La voiture avec chauffeur coûte plus cher mais permet les arrêts photo et un vrai gain de temps sur les routes de montagne.
  • Hébergement : la casa particular reste le choix le plus juste, pour l'accueil personnel autant que pour les conseils de quartier.
  • Réservations : je réserve toujours la première nuit de chaque étape, puis j'ajuste le reste sur place selon l'énergie réelle et les conseils des hôtes.

Les expériences à vivre à Cuba

Marcher La Havane Vieille avant la chaleur

Tôt le matin, avant les groupes de croisiéristes, La Havane Vieille se découvre par fragments : une porte entrouverte, un ventilateur, une conversation depuis un balcon. La beauté n'est pas dans la façade parfaite mais dans l'usure.

Suivre les mogotes de Viñales

Les mogotes, ces reliefs calcaires isolés qui surgissent des champs de tabac, se photographient mieux tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière latérale dessine les volumes. À pied ou à cheval, le contact avec les familles qui cultivent le tabac vaut plus que n'importe quelle visite mécanique.

Randonner vers les cascades de Topes de Collantes

Depuis Trinidad, la route grimpe vers la Sierra del Escambray. Trois options s'offrent : le Salto del Caburní, cascade marquante mais sentier exigeant au retour ; le Parque Guanayara, plus harmonieux, entre forêt, eau et clairières ; et Vegas Grande, plus silencieux, pour qui aime observer les détails, racines et mousses.

Se baigner à El Nicho

Entre Cienfuegos et Trinidad, les cascades d'El Nicho se méritent après une route de montagne sinueuse. Les piscines naturelles sont belles mais pas domestiquées : pierres glissantes, eau fraîche qui surprend, meilleurs angles photo pas toujours les plus sûrs. Devant la cascade principale, mieux vaut ranger l'appareil quelques minutes avant de photographier.

Nager et plonger à Maria La Gorda

Au bout de la péninsule à l'ouest de l'île, la route s'étire, verte et presque vide, jusqu'à une plage frontale sans décor de resort. Le tombant corallien attire les plongeurs, mais un simple masque suffit déjà à comprendre la réputation du lieu, à condition d'y aller avec humilité : palmes, respiration calme, pas de geste brusque.

Marcher le Malecón brut de Baracoa

Dernière étape d'un roadtrip complet, Baracoa se mérite après une route de montagne fatigante. Le Malecón n'a rien d'une promenade lissée : vagues, murs fatigués, conversations qui résistent au vent. La silhouette d'El Yunque sert de repère plus que de défi sportif, pour comprendre une ville prise entre montagne et Atlantique.

Bonnes adresses testées sur place

Où dormir

  • La Havane (Vedado) : casa particular pour l'accueil personnel, un quartier respirable et les conseils de quartier.
  • Viñales : casa particular proche du centre, assez calme pour entendre les coqs sans subir la rue principale, idéalement avec terrasse ou patio.
  • Cienfuegos : casa particular dans un quartier calme, avec petit-déjeuner préparé tôt, utile pour organiser le transport vers El Nicho.
  • Baracoa : casa particular familiale près du centre, avec terrasse et petit-déjeuner copieux.

Où manger

  • La Havane : La Guarida, pour un dîner marquant dans un décor cinématographique, escalier et volumes compris. À garder pour une soirée à part plutôt qu'un repas pressé.
  • Viñales et Trinidad : paladar familial, aux assiettes non calibrées pour touristes, où l'on demande le plat du jour plutôt que le menu complet.
  • Maria La Gorda : le restaurant de l'hôtel, simple mais pratique, poisson et riz sur une terrasse face au ciel qui change.

Où prendre un café

  • La Havane : El Café, une pause fiable et un bon point de départ avant La Havane Vieille.
  • Viñales et Trinidad : un café de cour ou de quartier, ombragé, pour retrouver le sens du mot cubain tranquilo.
  • Maria La Gorda : le café du lobby, pris tôt avant les départs en bateau.

Mon bilan après plusieurs semaines sur place

Cuba m'a laissé une beauté parfois rude, jamais lisse, avec des moments très doux et quelques frictions pratiques. Ce n'est pas un pays qui se laisse entièrement organiser, même pour une voyageuse qui aime les carnets nets et les adresses notées avant le départ. Je raconte ce bilan complet, avec mes arbitrages et mes regrets, dans son carnet dédié.

Lire mon bilan complet et mes bonnes adresses →

FAQ : ce qu'on me demande le plus sur Cuba

Faut-il beaucoup d'argent liquide à Cuba ?

Oui, mieux vaut prévoir large. Je répartis toujours mes espèces en plusieurs pochettes (hébergement, repas, transport, imprévus) pour ne pas dépendre d'un retrait disponible au mauvais moment. Garder une marge de sécurité facilite les taxis, les pourboires et les repas hors carte bancaire.

Combien de temps prévoir pour un premier voyage ?

Pour La Havane seule, je vise au moins trois journées pleines, quatre nuits pour un rythme confortable. Pour un premier voyage complet avec une deuxième région (Viñales par exemple), 7 à 10 jours permettent déjà de ne pas courir.

Comment se déplacer entre les villes ?

Le taxi collectif reste l'option la plus souple pour relier les étapes, à condition d'accepter des horaires mouvants ; je demande toujours le prix avant de monter. Le bus est plus cadré mais moins flexible pour rejoindre une adresse précise. La voiture avec chauffeur coûte plus cher mais permet les arrêts photo et davantage de confort sur les routes de montagne.

Quelle est la meilleure saison pour visiter Cuba ?

La saison sèche, pour marcher davantage et profiter d'une lecture plus nette des paysages, à Viñales comme dans la Sierra del Escambray. Une averse reste possible et n'est pas forcément une mauvaise nouvelle : elle peut donner aux paysages un éclat inattendu.

Faut-il tout réserver avant de partir ?

Non. Je réserve seulement la première nuit de chaque étape, pour rassurer l'arrivée, puis j'ajuste le reste sur place selon l'énergie réelle et les conseils des hôtes. Garder une demi-journée vide dans le programme laisse la place aux rencontres et aux détours heureux.

Mes carnets de Cuba

Pour aller plus loin