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Montenegro : Montée sur le Curevac ou la randonnée champignon ?

La route montait dans un silence de sapins, avec cette lumière froide qui fait bleuir les pare-brise et ralentir les conversations. J’arrivais au nord du Monténégro après des lacets serrés, encore traversée par le sel de la côte et déjà...

Par Héma · ·Lecture 5 min
Montenegro : Montée sur le Curevac ou la randonnée champignon ?
Montenegro : Montée sur le Curevac ou la randonnée champignon ? — photo Héma.

La route montait dans un silence de sapins, avec cette lumière froide qui fait bleuir les pare-brise et ralentir les conversations. J’arrivais au nord du Monténégro après des lacets serrés, encore traversée par le sel de la côte et déjà happée par l’odeur des prairies humides. Franco-indienne, je voyage avec une boussole double : le goût des seuils, des cuisines partagées, des paysages qui ne se donnent pas tout de suite. Dans mon carnet, j’ai écrit Montenegro : Montée sur le Curevac ou la randonnée champignon, comme une question très simple et pourtant révélatrice : fallait-il viser le belvédère net, presque théâtral, ou suivre une marche plus lente, attentive aux sous-bois, aux paniers, aux traces minuscules ?

J’ai choisi de ne pas trancher trop vite. Le Curevac appelle les grands angles et les silences au bord du vide ; la marche aux champignons demande une autre disponibilité, plus sensorielle, presque domestique. Ce carnet garde cette tension entre panorama et détail, avec des repères concrets pour décider sans transformer la montagne en programme militaire.

La réponse courte

Pour une première fois, je garde le Curevac si la météo est dégagée et le temps limité. Je préfère la randonnée champignon quand le ciel se ferme, que l’on voyage lentement et que l’on accepte une marche moins spectaculaire. L’idéal reste de dormir près de Žabljak pour laisser la décision au matin.

Arriver dans le nord, quand la route change de rythme

L’arrivée donne le ton : ici, le Monténégro quitte la carte postale maritime pour une montagne plus rugueuse, plus intérieure. Les villages paraissent posés entre prés, fumées fines et forêts épaisses. Je me suis surprise à ranger mon téléphone, sauf pour quelques photos de vitres embuées et de chiens immobiles au bord des chemins.

La montée vers Žabljak

La route de montagne impose de conduire sans impatience, avec des pauses dès que la lumière bascule. Je conseille d’arriver avant la nuit, non par peur, mais pour goûter l’entrée dans le massif. Le mot polako, lentement, m’est resté comme la meilleure consigne locale.

Premières impressions au pied du Durmitor

À Žabljak, j’ai trouvé une ambiance de station discrète, moins apprêtée que les Alpes, plus brute aussi. La lumière du soir découpait les toits, les tas de bois, les silhouettes de randonneurs. Mes photos préférées ne montrent pas le sommet, mais une tasse fumante sur un rebord de fenêtre.

Montenegro : Montée sur le Curevac ou la randonnée champignon

Le choix n’oppose pas seulement deux balades ; il oppose deux manières d’être disponible. Le belvédère concentre l’énergie sur un but clair, tandis que la marche en forêt dilue le regard dans les textures. J’ai aimé cette hésitation, car elle oblige à écouter la météo, le corps et l’humeur du jour.

Pourquoi choisir le Curevac

Le Curevac vaut pour son effet de seuil : on marche, puis le canyon de la Tara s’ouvre d’un coup. C’est l’option des voyageurs qui veulent comprendre le relief en peu de temps. Par temps clair, le paysage devient presque graphique, avec des lignes qui se superposent sans décor superflu.

Pourquoi préférer la marche aux champignons

OptionAtoutsLimitesIdéal pour
CurevacVue ample, lecture immédiate du canyon, belles photos au grand angle.Moins agréable par brouillard épais ou vent marqué.Un séjour court avec une fenêtre météo dégagée.
Randonnée champignonAmbiance intime, rythme lent, détails de forêt et sensations de marche.Intérêt réduit si l’on cherche un panorama spectaculaire.Une matinée humide, curieuse, avec guide ou habitant.
Boucle douce autour de ŽabljakAccès simple, fatigue modérée, possibilité de café avant ou après.Moins sauvage que les sentiers plus hauts.Une arrivée tardive ou une journée de transition.

Ce que j’ai gardé en images, au-delà du panorama

Les points d’intérêt remarquables ne sont pas seulement les lieux nommés sur une carte. Dans cette partie du pays, la force vient des intervalles : un canyon aperçu entre deux branches, une prairie traversée par une vache, un lac sombre où le ciel hésite. La photographie m’a aidée à ralentir.

Le canyon de la Tara comme ligne de fuite

Depuis les hauteurs, la Tara ne se résume pas à une rivière ; elle organise le regard. Je recommande de garder quelques minutes sans appareil avant de cadrer. Ce silence évite la photo réflexe et laisse apparaître les couches du paysage, entre roche, forêt et profondeur.

Les détails qui racontent mieux la montagne

Mes images les plus justes tiennent à des premiers plans : une mousse brillante, une table en bois, un bonnet oublié sur une chaise. Cette montagne supporte mal la précipitation. Le mot carnet devient ici très concret : noter une odeur, une couleur, une rencontre brève.

Adresses testées, sans folklore forcé

Je préfère parler d’adresses par usage plutôt que par promesse. Dans le nord monténégrin, le bon choix tient souvent à la chaleur d’une salle, à la possibilité de sécher ses chaussures, à une soupe servie sans mise en scène. Mes haltes ont été simples, mais elles ont donné du relief au séjour.

Dormir près du départ plutôt que courir le matin

J’ai choisi une maison d’hôtes familiale à l’écart du centre, avec chauffage généreux et petit déjeuner salé. Le confort n’était pas luxueux au sens classique, mais très juste : une chambre calme, des couvertures épaisses, un hôte capable de parler du ciel avant de parler d’itinéraire.

Manger chaud, boire lentement

Le soir, une konoba de village m’a offert le repas dont j’avais besoin : soupe, pain, fromage, plat mijoté. Le lendemain, un petit café près de la route a servi de poste d’observation. J’y ai appris que l’hospitalité peut tenir à une chaise tirée près du poêle.

Conseils pratiques pour choisir sans se tromper de voyage

Le bon itinéraire dépend moins d’une hiérarchie que de votre état réel : fatigue, météo, envie de parler ou de marcher seule. Pour préparer les bases et vérifier les repères généraux avant le départ, je complète mes notes avec Routard.com, puis je laisse la dernière décision au terrain.

Durée, budget et marge de sécurité

Pour ce secteur, je prévoirais deux nuits afin d’éviter la visite éclair, même pour une simple journée à Porquerolles. Le budget reste raisonnable si l’on privilégie les pensions et les repas locaux, mais il faut garder une marge pour un guide, un taxi ou une journée ralentie. La vraie économie consiste à ne pas multiplier les étapes.

Transport, saison et équipement

La voiture donne la meilleure liberté, surtout hors des grands axes. Je viserais la fin du printemps, l’été ou le début d’automne, avec une réserve pour la pluie. Les écarts de température surprennent vite, même quand la côte semblait douce quelques heures plus tôt.

  • Emporter une couche chaude, même pour une marche annoncée courte et facile.
  • Garder des chaussures fermées, car les sous-bois deviennent glissants après la pluie.
  • Partir tôt si le Curevac est l’objectif principal de la journée.
  • Renoncer à cueillir des champignons sans accompagnement local réellement compétent.
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